Results 1 to 3 of 3

Thread: Reflexion sur les alternatives aux politiques actuelles qui menacent les fondements

Hybrid View

Previous Post Previous Post   Next Post Next Post
  1. #1

    Default Re : Reflexion sur les alternatives aux politiques actuelles qui menacent les fondements

    FAUSSE EVIDENCE N°9 : L’EURO EST UN BOUCLIER CONTRE LA CRISE

    L’euro aurait dû être un facteur de protection contre la crise financière mondiale. Après tout, la suppression de toute incertitude sur les taux de change entre monnaies européennes a éliminé un facteur majeur d’instabilité. Pourtant, il n’en a rien été : l’Europe est plus durement et plus durablement affectée par la crise que le reste du monde. Cela tient aux modalités-mêmes de construction de l’union monétaire.

    Depuis 1999 la zone euro a connu une croissance relativement médiocre et un accroissement des divergences entre les États membres en termes de croissance, d’inflation, de chômage et de déséquilibres extérieurs. Le cadre de politique économique de la zone euro, qui tend à imposer des politiques macroéconomiques semblables pour des pays dans des situations différentes, a élargi les disparités de croissance entre les États membres. Dans la plupart des pays, en particulier les plus grands, l’introduction de l’euro n’a pas provoqué l’accélération promise de la croissance. Pour d’autres, il y a eu croissance mais au prix de déséquilibres difficilement soutenables.
    La rigidité monétaire et budgétaire, renforcée par l’euro, a permis de faire porter tout le poids des ajustements sur le travail. On a promu la flexibilité et l’austérité salariale, réduit la part des salaires dans le revenu total, accru les inégalités.

    Cette course au moins disant social a été remportée par l’Allemagne qui a su dégager d’importants surplus commerciaux au détriment de ses voisins et surtout de ses propres salariés, en s’imposant une baisse du coût du travail et des prestations sociales, ce qui lui a conféré un avantage commercial par rapport à ses voisins qui n’ont pu traiter leurs travailleurs aussi durement.
    Les excédents commerciaux allemands pèsent sur la croissance des autres pays. Les déficits budgétaires et commerciaux des uns ne sont que la contrepartie des excédents des autres... Les États membres n’ont pas été capables de définir une stratégie coordonnée.

    La zone euro aurait du être moins touché que les États-Unis ou le Royaume-Uni par la crise financière. Les ménages sont nettement moins impliqués dans les marchés financiers, qui sont moins sophistiqués. Les finances publiques étaient dans une meilleure situation ; le déficit public de l’ensemble des pays de la zone était de 0,6% du PIB en 2007, contre près de 3% aux Etats-Unis, au Royaume-Uni ou au Japon. Mais la zone euro souffrait d’un creusement des déséquilibres : les pays du Nord (Allemagne, Autriche, Pays-Bas, Pays Scandinaves) bridaient leurs salaires et leurs demandes internes et accumulaient des excédents extérieurs, alors que les pays du Sud (Espagne, Grèce, Irlande) connaissaient une croissance vigoureuse impulsée par des taux d’intérêt faibles relativement au taux de croissance, tout en accumulant des déficits extérieurs.

    Alors que la crise financière est partie des États-Unis, ceux-ci ont tenté de mettre en œuvre une réelle politique de relance budgétaire et monétaire, tout en initiant un mouvement de re-régulation financière. L’Europe au contraire n’a pas su s’engager dans une politique suffisamment réactive. De 2007 à 2010, l’impulsion budgétaire a été de l’ordre de 1,6 point de PIB dans la zone Euro ; de 3,2 points au Royaume-Uni ; de 4,2 points aux États-Unis. La perte de production due à la crise a été nettement plus forte dans la zone euro qu’aux États-Unis. Le creusement des déficits dans la zone a été subi plutôt que le résultat d’une politique active.


    En même temps, la Commission a continué de lancer des procédures de déficit excessif contre les États-membres de sorte qu’à la mi-2010 pratiquement tous les États de la zone y étaient soumis. Elle a demandé aux États-membres de s’engager à revenir avant 2013 ou 2014 sous la barre de 3%, indépendamment de l’évolution économique.
    Les instances européennes ont continué de réclamer des politiques salariales restrictives et des remises en cause des systèmes publics de retraite et de santé, au risque évident d’enfoncer le continent dans la dépression et d’accroître les tensions entre les pays.

    Cette absence de coordination, et plus fondamentalement l’absence d’un vrai budget européen permettant une solidarité effective entre les États membres, ont incité les opérateurs financiers à se détourner de l’euro, voire à spéculer ouvertement contre lui.

    Pour que l’euro puisse réellement protéger les citoyens européens de la crise nous mettons en débat deux mesures :

    Mesure n°18
    : assurer une véritable coordination des politiques macroéconomiques et une réduction concertée des déséquilibres commerciaux entre pays européens

    Mesure n°19
    : compenser les déséquilibres de paiements en Europe par une Banque de Règlements (organisant les prêts entre pays européens)

    Mesure n°20
    : si la crise de l’euro mène à son éclatement, et en attendant la montée en régime du budget européen (cf. infra), établir un régime monétaire intraeuropéen (monnaie commune de type « bancor ») qui organise la résorption des déséquilibres des balances commerciales au sein de l’Europe



    FAUSSE EVIDENCE N°10 :
    LA CRISE GRECQUE A ENFIN PERMIS D’AVANCER VERS UN GOUVERNEMENT ECONOMIQUE ET UNE VRAIE SOLIDARITE EUROPEENNE


    A partir de la mi-2009, les marchés financiers ont commencé à spéculer sur les dettes des pays européens. Globalement, la forte hausse des dettes et des déficits publics à l’échelle mondiale n’a pas (encore) entrainé de hausses des taux longs : les opérateurs financiers estiment que les banques centrales maintiendront longtemps les taux monétaires réels à un niveau proche de zéro, et qu’il n’y a pas de risque d’inflation ni de défaut d’un grand pays. Mais les spéculateurs ont perçu les failles de l’organisation de la zone euro. Alors que les gouvernements des autres pays développés peuvent toujours être financés par leur Banque centrale, les pays de la zone euro ont renoncé à cette possibilité, et dépendent totalement des marchés pour financer leurs déficits. Du coup, la spéculation a pu se déclencher sur les pays les plus fragiles de la zone : Grèce, Espagne, Irlande.

    Les instances européennes et les gouvernements ont tardé à réagir, ne voulant pas donner l’impression que les pays membres avaient droit à un soutien sans limite de leurs partenaires et voulant sanctionner la Grèce, coupable d’avoir masqué – avec l’aide de Goldman Sachs – l’ampleur de ses déficits. Toutefois, en mai 2010, la BCE et les pays membres ont dû créer dans l’urgence un
    Fonds de stabilisation pour indiquer aux marchés qu’ils apporteraient ce soutien sans limite aux pays menacés. En contrepartie, ceux-ci ont du annoncer des programmes d’austérité budgétaire sans précédent, qui vont les condamner à un recul de l’activité à court terme et à une longue période de récession. Sous pression du FMI et de la Commission européenne la Grèce doit privatiser ses services publics et l’Espagne flexibiliser son marché du travail. Même la France et l’Allemagne, qui ne sont pas attaqués par la spéculation, ont annoncé des mesures restrictives.

    Pourtant, globalement, la demande n’est aucunement excessive en Europe. La situation des finances publiques est meilleure que celle des États-Unis ou de la Grande-Bretagne, laissant des marges de manœuvre budgétaire.
    Il faut résorber les déséquilibres de façon coordonnée : les pays excédentaires du Nord et du centre de l’Europe doivent mener des politiques expansionnistes – hausse des salaires, des dépenses sociales... - pour compenser les politiques restrictives des pays du Sud. Globalement, la politique budgétaire ne doit pas être restrictive dans la zone Euro, tant que l’économie européenne ne se rapproche pas à une vitesse satisfaisante du plein-emploi.

    Mais les partisans des politiques budgétaires automatiques et restrictives en Europe sont malheureusement aujourd’hui renforcés.
    La crise grecque permet de faire oublier les origines de la crise financière. Ceux qui ont accepté de soutenir financièrement les pays du Sud veulent imposer en contrepartie un durcissement du Pacte de Stabilité. La Commission et l’Allemagne veulent imposer à tous les pays membres d’inscrire l’objectif de budget équilibré dans leur constitution, de faire surveiller leur politique budgétaire par des comités d’experts indépendants. La Commission veut imposer aux pays une longue cure d’austérité pour revenir à une dette publique inférieure à 60% du PIB. S’il y a une avancée vers un gouvernement économique européen, c’est vers un gouvernement qui, au lieu de desserrer l’étau de la finance, va imposer l’austérité et approfondir les « réformes » structurelles au détriment des solidarités sociales dans chaque pays et entre les pays.

    La crise offre aux élites financières et aux technocraties européennes la tentation de mettre en œuvre la « stratégie du choc , en profitant de la crise pour radicaliser l’agenda néolibéral. Mais cette politique a peu de chances de succès :


    *) La diminution des dépenses publiques va compromettre l’effort nécessaire à l’échelle européenne pour soutenir les dépenses d’avenir (recherche, éducation, politique familiale), pour aider l’industrie européenne à se maintenir et à investir dans les secteurs d’avenir (économie verte).


    *) La crise va permettre d’imposer de fortes réductions des dépenses sociales, objectif inlassablement recherché par les tenants du néolibéralisme, au risque de compromettre la cohésion sociale, de réduire la demande effective, de pousser les ménages à épargner pour leur retraite et leur santé auprès des institutions financières, responsables de la crise.


    *)
    Les gouvernements et les instances européennes se refusent à organiser l’harmonisation fiscale qui permettrait la hausse nécessaire des impôts sur le secteur financier, sur les patrimoines importants et les hauts revenus.

    *) Les pays européens instaurent durablement des politiques budgétaires restrictives qui vont lourdement peser sur la croissance. Les recettes fiscales vont chuter. Aussi, les soldes publics ne seront guère améliorés, les ratios de dette seront dégradés, les marchés ne seront pas rassurés.


    *) Les pays européens, du fait de la diversité de leurs cultures politiques et sociales, n’ont pas pu se plier tous à la discipline de fer imposée par le traité de Maastricht ; ils ne se plieront pas tous à son renforcement actuellement organisé.
    Le risque d’enclencher une dynamique de repli sur soi généralisé est réel.

    Pour avancer vers un véritable gouvernement économique et une solidarité européenne nous mettons en débat deux mesures :

    Mesure n°21
    : développer une fiscalité européenne (taxe carbone, impôt sur les bénéfices, …) et un véritable budget européen pour aider à la convergence des économies et tendre vers une égalisation des conditions d’accès aux services publics et sociaux dans les divers États membres sur la base des meilleures pratiques.

    Mesure n°22
    : lancer un vaste plan européen, financé par souscription auprès du public à taux d’intérêt faible mais garanti, et/ou par création monétaire de la BCE, pour engager la reconversion écologique de l’économie européenne.



    CONCLUSION
    : METTRE EN DÉBAT LA POLITIQUE ECONOMIQUE, TRACER DES CHEMINS POUR REFONDER L’UNION EUROPEENNE

    L’Europe s’est construite depuis trois décennies sur une base technocratique excluant les populations du débat de politique économique. La doctrine néolibérale, qui repose sur l’hypothèse aujourd’hui indéfendable de l’efficience des marchés financiers, doit être abandonnée
    . Il faut rouvrir l’espace des politiques possibles et mettre en débat des propositions alternatives et cohérentes, qui brident le pouvoir de la finance et organisent l’harmonisation dans le progrès des systèmes économiques et sociaux européens.

    Cela suppose la mutualisation d’importantes ressources budgétaires, dégagées par le développement d’une fiscalité européenne fortement redistributrice. Il faut aussi dégager les États de l’étreinte des marchés financiers. C’est seulement ainsi que le projet de construction européenne pourra espérer retrouver une légitimité populaire et démocratique qui lui fait aujourd’hui défaut.


    Il n’est évidemment pas réaliste d’imaginer que 27 pays décideront en même temps d’opérer une telle rupture dans la méthode et les objectifs de la construction européenne. La Communauté économique européenne a commencé avec six pays : la refondation de l’Union européenne passera elle aussi au début par un accord entre quelques pays désireux d’explorer des voies alternatives. A mesure que deviendront évidentes les conséquences désastreuses des politiques aujourd’hui adoptées, le débat sur les alternatives montera partout en Europe.
    Des luttes sociales et des changements politiques interviendront à un rythme différent selon les pays. Des gouvernements nationaux prendront des décisions innovantes. Ceux qui le désireront devront adopter des coopérations renforcées pour prendre des mesures audacieuses en matière de régulation financière, de politique fiscale ou sociale. Par des propositions concrètes ils tendront la main aux autres peuples pour qu’ils rejoignent le mouvement.

    C’est pourquoi il nous semble important d’ébaucher et de mettre en débat dès maintenant les grandes lignes de politiques économiques alternatives qui rendront possible cette refondation de la construction européenne.

    ***************************************


    Pourquoi nous sommes des économistes atterrés Philippe Askenazy, CNRS ; Thomas Coutrot, conseil scientifique d'Attac ; André Orléan, CNRS, EHESS, président de l'Association Française d'Economie Politique ; Henri Sterdyniak, OFCE.

    Le Monde
    , jeudi 16 septembre 2010

    La crise économique et financière qui a ébranlé le monde en 2008 n'a pas affaibli la domination des schémas de pensée qui orientent les politiques économiques depuis trente ans. Le pouvoir de la finance n'est pas remis en cause. En Europe, au contraire, les Etats, sous la pression des institutions européennes et internationales et des agences de notation, appliquent avec une vigueur renouvelée des programmes de réformes et d'ajustements structurels qui ont dans le passé montré leur capacité à accroître l'instabilité économique et les inégalités sociales.

    Certes, les pouvoirs publics ont dû partout improviser des plans de relance keynésiens, et même parfois nationaliser temporairement des banques. Mais ils veulent refermer au plus vite cette parenthèse.
    Le logiciel "néolibéral" est toujours le seul présenté comme légitime, malgré ses échecs patents. Fondé sur un paradigme qui présuppose l'efficience des marchés notamment financiers, il prône de réduire les dépenses publiques, de privatiser les services publics, de flexibiliser le marché du travail, de libéraliser le commerce, les services financiers et les marchés de capitaux, d'accroître la concurrence en tout temps et en tout lieu...

    L'Union européenne est prise dans un piège institutionnel. Les déficits publics ont explosé à cause de la crise financière. Mais pour les financer, les Etats se sont contraints à emprunter chèrement auprès d'institutions financières privées, qui obtiennent, elles, des liquidités à bas prix de la Banque centrale européenne (BCE). Les marchés ont donc la clé du financement des Etats.

    Dans ce cadre, l'absence de garantie des dettes publiques par la BCE comme le manque de solidarité européen permettent le développement de la spéculation, d'autant que les agences de notation jouent à accentuer la défiance.


    Pour rassurer les marchés, un Fonds de stabilisation de l'euro a été improvisé, mais surtout des plans drastiques et bien souvent aveugles de réduction des dépenses publiques ont été lancés à travers l'Europe. Les prestations sociales, des Pays-Bas au Portugal en passant par la France avec l'actuelle réforme des retraites, sont en voie d'être gravement amputées alors que se profile le spectre d'un chômage et d'une précarité persistants. Les fonctionnaires sont souvent touchés en priorité, y compris en France, où la hausse des cotisations retraite sera une baisse déguisée de leur salaire.




    Mesures irresponsables


    Le nombre de fonctionnaires diminue partout, menaçant le bon fonctionnement des services publics (éducation, santé...). Ces mesures sont irresponsables d'un point de vue politique et social, et même au strict plan économique, puisqu'elles vont maintenir les pays européens dans la récession.


    La construction européenne elle-même est menacée. L'économie devrait y être au service de la construction d'un continent démocratique, pacifié et uni. Au lieu de cela, une forme de dictature des marchés s'impose partout.

    Face à la crise sociale et à l'impuissance du politique, les tensions xénophobes s'attisent, souvent instrumentalisées par des dirigeants sans scrupules.


    Qu'on l'interprète comme le désir de
    "rassurer les marchés" de la part de gouvernants effrayés, ou bien comme un prétexte pour imposer des choix idéologiques, la soumission sans débat à cette dictature n'est pas acceptable. Un véritable débat démocratique sur les choix de politique économique doit donc être ouvert en France et en Europe.

    En tant qu'économistes,
    nous sommes atterrés de voir que ces politiques sont toujours à l'ordre du jour et que leurs fondements théoriques ne sont pas publiquement remis en cause. D'autres choix doivent être discutés. La crise a mis à nu la fragilité des évidences répétées à satiété par les décideurs et leurs conseillers. Il faut interroger ces fausses évidences, mal fondées scientifiquement. Les économistes doivent donc assumer leurs responsabilités.

    La plupart des "experts" qui interviennent dans le débat public le font pour rationaliser les politiques actuelles de soumission des politiques économiques aux exigences des marchés financiers. Mais, à l'instar de celles qui l'on précédée, cette grande crise doit provoquer une refondation de la pensée économique. Nombre de chercheurs commencent d'ailleurs à s'y atteler dans le monde.


    Issus d'horizons théoriques très différents, nous avons souhaité favoriser l'expression publique des nombreux économistes qui ne se résignent pas à voir un
    schéma "néolibéral" réaffirmé et jugent qu'il faut changer le paradigme des politiques économiques en Europe. Nous avons rédigé un "Manifeste d'économistes atterrés".

    Nous espérons que notre initiative contribuera, avec d'autres, à vivifier la réflexion sur les alternatives aux politiques actuelles, qui menacent les fondements mêmes de l'idée européenne.

    Pour signer le manifeste (version complète ci-dessous), écrire à cette adresse.


    VOIR :
    http://old.atterres.org/
    VOIR : http://atterres.org/
    Manifeste d’économistes atterrés à faire circuler pour signature

    http://economistes-atterres.blogspot...-atterres.html
    Last edited by Badea Cârțan; 10-11-11 at 11:57 AM.

  2. #2

    Default Re : Reflexion sur les alternatives aux politiques actuelles qui menacent les fondements

    commentaires :
    argo a dit… […] enfin des économistes qui ont compris la coupe réglées sous laquelle nous met les marchés financiers.

    Dès que nous serons sortit de la dictature néolibérale de notre gouvernement actuel, j'espère que la france émettra un ultimatum fort à l'adresse de la commission européenne pour nous sortir de ce bourbier.

    Quitte à sortir de l'euro voire de la communauté européenne s'il s'avère qu'un changement d'orientation de celle-ci soit devenu impossible.

    les valeurs qui ont fait la richesse de l'europe se voient aujourd'hui démantelées morceaux par morceaux afin de privilégier une élite financière construisant sa richesse sur l'appauvrissement des citoyens européens. mais la politique de concentration des médias ne permet plus aux opinions de s'exprimer de manière aussi démocratique qu'auparavant et servent une doctrine néolibérale dictée par leur propre actionnariat.
    pacoalpi a dit… […] un peu d'auto-référence, -si la machine veut bien, et le temps qu'elle voudra...

    http://www.lemonde.fr/idees/article/...%5bopinions%5d

    en réalité, nous choisissons nos impôts, nos retraites,nos salaires, et nos profits librement, mais nous n'en savions rien..
    jlou père a dit… […] la place exclusive de l'argent-roi dans le fonctionnement des rapports mondiaux écrase l'humain et cela est intolérable/ la mutation-révolution en cours et qui va nous conduire vers un autre monde, monde dont nul ne peut dire de quelle nature y seront les rapports interpersonnels, est en réalité notre sortie d'egypte ,c'est à dire de l'esclavage.
    La suite ? Nous verrons bien.
    ba a dit… […] l'union européenne est libre-échangiste.

    Le traité de lisbonne est libre-échangiste.

    L’article 206 grave dans le marbre le libre-échange mondial généralisé :

    « par l'établissement d'une union douanière conformément aux articles 28 à 32, l'union contribue, dans l'intérêt commun, au développement harmonieux du commerce mondial, à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux et aux investissements étrangers directs, ainsi qu'à la réduction des barrières douanières et autres. »

    http://consilium.europa.eu/uedocs/cm...06655.fr08.pdf

    conclusion :

    La france doit sortir de cette union européenne libre-échangiste.

    Après, tout deviendra possible.
    jsrcjg a dit…[…] merci messieurs (et mesdames?) les economistes atteré(e)s pour cette initiative pleine de bon sens. Pour info, une réflexion similaire a été lancée par l' 'international forum on globalisation' en septembre 2007. Pour plus d'infos, jetez un oeil au lien suivant: http://makingsenseofthings.info/2010...onomic-change/ . Vos commentaires sont les bienvenus! Jsr
    bernard a dit… […] atterrés ou naïfs ? Cette persistance du système dans son être était bien prévisible, et c'est peut-être pour cette raison qu'il faudrait réenclencher les réflexions sur sa nature (réflexions auxquelles incitaient déjà certains doutes il y a 2 ans, par exemple http://yannickrumpala.wordpress.com/...2%80%99epoque/ ).
    aci a dit… […] ba : Bien que ce texte ait mon accord sur l'essentiel, je trouve invraisemblable qu'on s'en prenne au libre-échange et à la construction européenne à travers lui, ça me semble une incompréhension profonde. Ce qui est en cause, ce sont bien plus les rapports entre l'etat et le marché, et l'aspect contreproductif des comportements financiers qu'on ignore(spéculation, exigences de rentabilité impossible qui conduit à la fermeture d'activité qui pourtant sont socialement utiles et rentables, mais "pas assez"...).

    Jamais la france ne pourrait appliquer seule des réformes qui exigent ce courage et qui sont une telle rupture de modèle. Qu'elle essaye, et elle se retrouvera plongée dans un marasme économique si profond qu'elle sera asphyxiée - oui, les sphères financières l'ont, ce pouvoir de nuisance, je crois que c'est un des premiers constats qui mène au manifeste.

    Il n'y a qu'ensemble, au sein de l'europe, que nous pouvons faire quelque chose, avec ceux qui sont nos alliés et nos proches. Et à dire vrai, il vaudrait même mieux que nous emportions avec nous l'adhésion des etats-unis - (dont la réforme financière actuelle semble plus poussée et plus réactive que la notre).

    Croire que sortir de l'ue rendrait tout possible, c'est une naïveté rare, et une simplicité atroce, schivardienne. pour changer ce système il ne suffit pas de s'isoler : On deviendrait trop vite la victime de ce qui est une machine de guerre bien rodée. il faut mener un combat interne, réformateur, qui s'annonce long et difficile.
    mgjanin a dit… […] oui , j’ai lu le manifeste. Atterré, je le suis. Très bien.

    C’est l’expression nécessaire d’une alternative économique humaniste crédible, mais qu’en faire ?

    quand tant de ruses, de maquillages, de combines entre copains et coquins, de stratagèmes, de contrevérités, de mensonges sont inventés par les gouvernants et les « élites » à leur solde (ou plutôt l’inverse), pour duper, tromper, arnaquer, voler, dépouiller la très grande majorité de la population, pour organiser et amplifier l’injustice sociale et la faillite de l’etat ; etat dont l’urgence est pour eux, de s’en débarrasser pour leur plus grands profits.

    quand ces tromperies sont largement diffusées par la très grande majorité des médias sans analyse critique, quand ces médias dont beaucoup sont liés aux milieux financiers, au commerce des armes, ou aux gouvernants comme le service dit « public » de radio et télévision, qu’attendre d’autre d’eux qu’une participation aux manipulations d’opinion, que la réverbération, l’écho infiniment amplifié et servile de « la voix de son maître » mensongère.

    Alors la protestation, la réfutation, l’analyse critique et les propositions alternatives (comme ce manifeste) ne peuvent plus agir en rien car elles se diluent, se noient, se perdent dans la fange gluante et poisseuse des mensonges accumulés dans nos mémoires. le fond solide, a disparu sous la vase, qui permettrait d’un coup de talon de reprendre courage, de reprendre confiance, de revenir à l’air libre non vicié. la rémanences des mensonges nous laisse seulement la possibilité de penser que pour nous, la « réalité » actuelle est bien trop complexe et que nous sommes coupables des maux dont nous souffrons.

    Alors, après des années de glorification de l’individualisme nous voici, rassemblement sans cohésion, troupeau de bovins, destiné à l’abattoir de la paupérisation et de l’insécurité économique, têtes déjà inclinées vers le sol, prêts au sacrifice pour le moloch « marché », « spéculation », « finance » ou quelque autre nom qu’on lui donne.

    Mais, peut être, un fragment préservé de notre ancienne lucidité, nous permettra de nous rendre compte qu’ « ils » nous veulent du mal, qu’ « ils » veulent nous asservir, (pas nous tuer, non, trop malins, même si certains parmi nous en meurent, comme dans les télécoms ou ailleurs), nous parasiter en anesthésiant assez pour enlever toute velléité de rébellion. l’objectif est déjà quasi atteint, une société duale, quelques maîtres et une infinité d’esclaves presque lobotomisés.

    peut être comprendrons nous enfin qu’« ils » sont nos ennemis et qu’il faut les considérer et les traiter comme tels.

    M.j.
    susana a dit… […] que faire? Parler de ce manifeste, le partager, le traduire pour qu'il ne reste pas franco/français, arrêter de penser que la france est le seul pays où ça se passe, arrêter de penser que l'"europe" et la commission sont les responsables...l'ensemble de nos dirigeants dans la plupart de nos pays sont responsables de cette situation et la solution n'est pas dans la sortie de l'europe mais dans la poussée tous ensemble!

    rien à faire? Trop tard? …il nous suffit de regarder ce qui se passe de l'autre côté de la méditerranée pour savoir que beaucoup de choses sont possible...un problème : Nous avons beaucoup plus à perdre qu'eux et ce sera difficile à mettre en route!

    Pour l'heure, commençons par le commencement: Disséminons, semons, faisons suivre, envoyons, partageons!! Ce sera long et on ne voit pas forcément comment mais au moins, arrêtons de voter massivement pour des politiciens qui perpétuent cet état de faits. [/quote][quote] ber075 a dit… […] vous dites:

    "fausse evidence n° 3 : Les marches sont de bons juges de la solvabilite des etats "

    tout à fait d'accord avec votre affirmation. C'est à mon avis un des points très important de la crise actuelle.

    -pour la crise grecque pourquoi en 2 ans le taux des obligations est passé de 5% à 25%
    http://www.gecodia.fr/taux-obligatio...utres_a86.html
    et que la dette est avant décote de 158%: http://fr.wikipedia.org/wiki/%c3%89c..._la_gr%c3%a8ce alors que
    dans le meme temps le japon a 200% d'endettement et un taux d'obligations à 1%
    http://www.gecodia.fr/taux-10-ans-d-...ais_a1305.html
    c'est bien la preuve que les taux ne mesurent pas uniquement le risque du preteur mais font l'objet d'une spéculation entretenue par:

    -l'origine du preteur (preteurs pour la grece et la france c'est à 70% du pays étranger)
    page 18 de ce document: http://www.fondapol.org/wp-content/u...8-bag-2web.pdf

    -le système de notation et les cds

    pourquoi: Les euro-obligations qui vont etre emises pour 750 me ne seront pas ouvertes aux particuliers européens? Quand on sait par exemple qu'un hedge fund est actionnaire à 15% de l'agence moody, on devine qu'il y a des conflits d'intérêts dans les agences de notation.

    il serait intéressant de connaitre:
    -la liste des actionnaires des 3 principales agences de notation.
    -quelles sont les variations de cours induites par les dégradations des agences de notations sur la dette grecque

    le phénomène spéculatif a même été décrit par une commission de l'assemblée nationale
    http://www.assemblee-nationale.fr/13...asp#p447_72180
    mais rien n'a été suivi d'effet..tout au plus a t on interdit au parlement européen la vente de cds à nu, courant octobre 2011. Si on ne dénonce pas le phénomène spéculatif qui a sans doute profité en priorité aux banques françaises et par ricochet aux banques americaines via les cds, il risque de se reproduire pour le portugal ou l'italie, ou la france, dont 70% est détenue à l'étranger?

    Pour compléter mon précédent message: Concernant la spéculation sur les taux des obligations grecques: l'augmentation des taux de 7 % à 25 % entre mai 2010 et octobre 2011, concomitantes avec des dégradations successives des agences de notation, parait difficilement explicable. car le risque de défaut de remboursement n'avait en réalité pas augmenté pour les prêteurs: -du fait du nombre très important de contrats cds souscrits pour couvrir un éventuel défaut de paiement. -à cause de la garantie des partenaires de la zone euro et du fmi:le 2 mai 2010, prêt de 110 milliards d'euros d'aide; le 3 mai, déclaration de soutien de la bce qui indique accepter les obligations comme collatéral quelque soit la note du pays; le 21 juillet deuxième plan d'aide de 159 milliards d'euros.

    Concernant les nouvelles modalités de souscriptions des euro-obligations destinées à alimenter le fesf: Pourquoi par exemple les banques francaises qui ont des obligations à l'étranger les vendent elles pas pour souscrire ces obligations. Sachant qu'il y a un risque certain beaucoup plus élevé d'augmentation des taux quand le preteur est à l'étranger: Cas du japon ou 92% des souscripteurs de la dettes sont au japon et leur taux d'obligations est de 1%?

Posting Permissions

  • You may not post new threads
  • You may not post replies
  • You may not post attachments
  • You may not edit your posts
  •